La quête

Bon, ça y est, on est parti ! Mais il nous manque un élément important, LE Bateau.
Pas de perte de temps, on épluche les catalogues on coure les allées des salons, internet tourne à plein régime. L’idéal, après pesage des pours et des contres, est un catamaran d’environ 40 pieds. Je ne rentrerai pas ici dans le débat des pro et anti multicoques. Pour un voyage au long court dans des zones plus ou moins balisées, en famille avec du confort pour une vie à bord, pour nous, il n’y a pas photo.
La réalité nous rattrape en plein clic. Nous n’avons pas la trésorerie pour acheter un bateau à deux coques digne de nous emmener sur les mers lointaines, ni neuf, ni d’occasion.
Nous faisons rapidement le tour de notre potentiel. Certes, notre petit canot à une certaine valeur, mais devant l’investissement à venir, il fait pâle figure.
Nous sommes, également, propriétaire de notre maison, ce qui devrait suffire. Mais en bon normand d’adoption, il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier et si nous n’avons pas programmé de retour, pour l’heure, il arrivera surement, un jour.
Nous décidons, tout de même, de mettre notre bien immobilier en vente. Selon les estimations, nous pourrions ménager la chèvre et le chou, je ne sais pas si ce dicton est normand, mais l’idée me séduit.
L’agence en charge de la vente est sérieuse et les visites commencent, très vite interrompu par « la crise » et les estimations revues à la baisse. A propos, depuis le temps que l’on nous en parle à grand coup de bombes médiatiques, la crise ne serait-elle pas une maladie chronique de nos sociétés de consommation qui n’arrivent plus à surconsommer ?
Toujours est-il, que ceci n’arrange pas nos affaires. Nous voici revenu à la case départ. Pour nourrir le rêve et ne pas sombrer dans la déprime on s’est même pris à jouer à quelques loto. Pour quelques euros, l’espoir rebondissait, au rythme des petites boules télégéniques, de semaines en semaines.
Quand, mais oui, mais c’est, bien sûr ! La location longue durée. Nous y avions vaguement pensé, mais face à notre idéal, notre enthousiasme ne pouvait se louer.
La quête se poursuit donc avec d’autres critères, un catamaran, pour un an, aux Antilles. Cela fait pas mal de concessions mais si nous voulons toucher du bout des doigts notre graal avant de ne plus pouvoir grimper le franc bord, c’est la solution.
Et nous voilà reparti en surf sur le net. Un Lagoon 380 par ici, un Lipari 41 par-là, un Nautitech 40 plus loin et toujours le même constat, la rareté de l’offre fait le prix. Un cata se loue entre 25 et 30 % du prix du neuf pour une saison, plutôt 8 mois que 1 an. SIC!
Nous sommes en novembre 2011 et je suis là, sur le pont d’un catamaran de 42 pieds amarré au port du Marin en Martinique.
Non, nous n’avons pas gagné au loto. Il fait 30° et le ti punch est de rigueur en cette fin d’après-midi. Je trinque à la santé du propriétaire, Claude, un ami, qui, informé de notre projet m’a proposé de venir passer un mois avec lui sur son bateau pour sillonner le sud de l’archipel. Comment lui exprimer ma gratitude de m’offrir l’occasion de valider certains de nos choix et d’avoir un échantillon de ce qui pourrait bientôt arriver avec le restant de la famille ? Peut-être en servant un deuxième ti punch.
Lors de cette navigation nous sommes accompagnés par un monocoque baptisé du doux nom de « rêve bleu » un océanis 411. A bord, ce trouve un couple Thierry et Béa et leur fille Céline. L’an passé, partis de Honfleur, ils ont traversé l’Atlantique, ont passé une saison sous les tropiques avant de rentrer en France pour bosser en laissant le bateau au marin pour y retourné naviguer une seconde saison. C’était leur rêve, ils l’ont accompli.
Nous sympathisons rapidement, les sujets de discutions ne manquent pas vu la proximité de notre projet.
Je suis aux anges, j’essaie, tant bien que mal, de classifier toutes les infos qui m’assaillent sans en oublier aucune.
Au fil des jours, j’apprends que leur rêve accompli, ils envisagent de ramener le bateau en France pour le vendre ou continuer à faire des ronds dans l’eau en Manche, sans grande conviction. C’est sûr, après les Caraïbes, naviguer en manche, c’est comme mettre une dorade coryphène dans une piscine d’azote liquide. Je me propose de faire le chemin retour avec eux en mai ou juin.
Je ne sais plus à quel moment de nos échanges, nous avons parlé de location de bateau et de leur soumettre une idée qui, jusqu’alors, ne m’avait pas effleuré.
Pourquoi ne pas nous louer « rêve bleu » ? Certes ce n’est pas le catamaran de nos pensées, mais, après tout, nous ne sommes que trois. Le bateau est là, disponible, confortable, bien équipé et tout, et tout.
La décision fut prise après quelques semaines d’incubations. S’ils n’avaient pas envisagé cette option dans un premier temps, la rencontre avec Sandrine a été déterminante. Ce n’était plus mon projet dans lequel j’embarquais femme et enfant, mais celui de toute la famille.
Leur nécessité de revenir en France pour travailler et notre enthousiasme ont fini par aboutir à un accord.
Rendez-vous avait déjà été pris, sur leur invitation, pour passer les vacances scolaires de février 2013 à bord. Ce fut l’occasion pour Sandrine et Valentin de découvrir le bateau, qu’ils n’avaient vu qu’en photo ainsi que la navigation dans les Caraïbes. Si j’étais, par avance, convaincu du résultat, ces 15 jours à sillonner le sud et remonter jusqu’en Guadeloupe ont fini par ficeler le projet.
Nous louerons donc « rêve bleu » pendant deux ans à compter du 1 octobre 2013.

Grace à leur générosité et la confiance que nous temoignent Thierry et Béa, nous touchons du bout des doigts notre rêve « bleu »...

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