l'équipage

Francis,
Un vieux rêve...

A bientôt 50 ans, le virus salée est maintenant arrivé à maturité. Née sous le signe du poisson, je ne pouvais échapper à mon destin.
Depuis longtemps, je caressais ce rêve de partir sur les mers pour vérifier si la terre est bien ronde et si l'eau en occupe la majeur partie.
 
 
Mon installation à Honfleur n'a rien d'un hasard, c'est un port, ou plutôt, mon port, d'où partent les bateaux et il y en eu de célèbres. J'aime ma ville d'adoption depuis 20 ans, j'y vis et j'y travail, quel privilège.
Des bateaux, j'en ai possédé deux, toujours en Manche, ce n'est pas ce que l'on fait de mieux pour la navigation, mais c'est une bonne école. Des navigations j'en ai fait beaucoup un peu partout et pas toujours sur mes esquiffes.
Des bateaux, j'en ai peint des centaines. Artiste peintre de profession à la plume ou à la brosse et même au couteau, je leur ai tiré le portrait. La grande parade à défilée dans ma galerie de la rue de l'homme de bois. Quel bonheur de pouvoir partager ses créations avec un public et c'est encore mieux lorsqu'il se transforme en client.
L'arrivée de Sandrine, ma femme et de Valentin, mon ti'pirate, n'ont, en rien, émoussé mon idéal aquatique. Bien au contraire, ils ont, tous deux, fait leurs armes sur notre petit croiseur. Le virus implanté, le temps a fait son oeuvre.


Sandrine est formidable. Aventurière dans l'âme, elle a su surmonter ses craintes et ses petits mals de mer passagers pour prendre goût à la vie du large. On rencontre bon nombre de marins à la journée dépités de ne pas partager leur passion en famille et encore moins pour vivre, au long court, à bord d'un bateau. J'ai beaucoup de chance.
 
Quant à ti'pirate, la perspective de faire l'école avec maman, pêcher, sur, autour, derrière et sous le bateau toute la journée, piloter l'annexe, se baigner tous les jours, le comble de bonheur.
Je le comprends,
c'est mon fils.
 
 
Pour moi, le bateau représente la liberté. En mer, rien ne vous oblige, si ce n'est les éléments. L'amarre ou l'ancre qui vous retient à la terre est une passerelle éphémère. Tendue vers la découverte de nouvelles cultures et de nouveaux paysages, elle y demeure le temps que l'on veut y consacrer, puis, d'un simple geste, elle libère la coque et ses occupants pour voguer vers d'autres horizons.
Le temps, également, ne se mesure plus de la même façon. Il faut prendre son temps. Une phrase qui, dans nos sociétés, a perdu tout son sens. Prendre son temps, prendre le temps, prendre le temps de vivre, s'émerveiller de milles petites choses pourvu qu'on ai le temps. Vivre le couché de soleil magnifique sans faire une photo pour reprendre la route vite, vite.
Enfin, vivre le temps de l'aventure. Les vraies rencontres et le partage ne se font pas avec un chronomètre en guise d'arbitre. l'apprentissage de l'autre demande de l'observation, de l'écoute, une compréhension de sa culture et de son environnement, bref, du temps.
 

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